• Proposition 251 - Jardin complice - Mireille

        Elle était venue à petits pas. S’était installée dans le fauteuil en bois, près du banc et de la table, du même bois rustique où il s’était endormi. Elle s’était plongée avec cet air énigmatique et même alambiqué, comme il aimait le dire, dans la lecture d’un journal. Ses lèvres pulpeuses, fruit bilobé dont il connaissait, (avait connu), la délicieuse gourmandise, si rouge et sans fard, mettant en valeur un teint éburnéen. Ce groupe : femme, homme, et meubles de jardin semblait encalminé dans la quiétude de l’après midi. Tel un voilier complètement à l’arrêt, les voiles ne laissant percevoir qu’un léger tremblement. Pas une trace de vent, pas une feuille ne bougeait.  

    — Ma petite femme ZZZZZZZ ! Mon Enigme ! Je vois sur ton chemisier les fleurs et les feuillages du jardin grimper, ils sont sur la manche droite, ils vont bientôt atteindre ta main… c’est vertigineux ! En terrain conquis, ils prennent possession du terrain, ils se mêlent, s’entortillent, se glissent, la nature demande son du, (elle), le tissu se déchire, sur ta peau enfin visible, éclosent mille petits bourgeons ! Ma petite femme, tu as quand même, mis ce chapeau assorti à tes chaussures… c’est d’un vieillot, d’un ennui… RRRRRR… Ai, comme une colossale envie de te les arracher, te voir pied nus, tête nue ! Décoiffer tes cheveux ! Toujours coincés en un chignon… RRRRRRRR ! Décoiffer tes cheveux ZZZZZZZZ… Pourquoi un tel acharnement à te saborder ? RRRRRRR ZZZZZZZ

     — Mon dieu Charles ! Maintenant il rêve à voix haute… Il ne manquait plus que ça ! Tant que sa libido ne s’exprime qu’en rêve, abstinent il restera au réveil !
      
    Charles mon ami, dors… Le déjeuner n’est pas encore prêt.
      
    Une drôle d’impression, une matière cotonneuse qui me caresse le bras, des parfums entêtants, la douce caresse d’un pétale de soie, la vigueur d’une branche. Les voiles frémissent tout à coup, une légère bise se lève. Je me sens embarquée dans le monde d’une nature luxuriante. Les buissons ont pris le pouvoir ! Et vogue beau voilier !

       Ce soir, Charles, je mettrai le déshabillé que vous m’aviez offert. Il y a si longtemps…

     

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