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    Un selfie mémorable Thème de la proposition 257
    « Une proposition qui ne mange pas de pain » … Deux obligations et une grande liberté

    Avoir du pain sur la planche Etre dans le pétrin Faire passer le goût du pain Etre comme du bon pain Manger d’abord son pain blanc Oter le pain de la bouche Le pain des pauvres C’est du pain béni Etre né avant son pain

    1. a) Introduire dans votre texte 4 expressions piochées dans la liste ci-dessus
    2. b) Prévoir à votre histoire une belle chute

      Thème de la proposition 257

             

     


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        Paul Letron détestait qu'on le prenne en photo. Il ne pouvait supporter de faire une pause ni de se plier à la pose. Impossible pour lui de passer outre les aléas désagréables des bonnes manières de sourire sans bouger devant un objectif. Se confirmer à la norme devenait une insulte à sa capacité d'intelligence et lui paraissait inconcevable. De toute manière, il lui était totalement impossible de demeurer immobile. Se fixer un seul petit instant, il ne connaissait pas. Il avait toujours la bougeotte et ne pouvait s'en empêcher. Il tremblait de l'intérieur. Il vibrait de partout. Il se secouait le squelette bien malgré lui. M'sieur Letron souffrait du syndrome des tremblements incessants. Maladie proche parente de celle dite de Parkinson, mais à l'inverse. Aucune rigidité, tout en mouvements libertaires de s'exprimer sans contrainte aucune, que celle de déplaire aux autres à l'opposé. Celles et ceux qui n'en finissent pas de s'engluer, de s'endormir, de s'attarder en s'attachant aux règles de la bienséance du faire comme il faut. Faire sans déplacer de vent. Ni faire de vague ni d'esclandre. Se déplacer en faisant du surplace, histoire de ne pas déplaire au code d'honneur et d'éthique des conventions sociales du bon marché tout en stabilité et en bonne tenue. Donc, penser se faire un selfie lui était carrément inconcevable. Il avait mis une croix sur cette action bien égotiste d'une façon bien personnelle de la modernité actuelle la toute première fois qu'il en avait entendu parler
       
    En un éclair, il avait dit un non instantané à cette idée saugrenue et si nombriliste.

     


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  • Plus dure sera la chute...                                                                                            Thème de la proposition 256

    « Une proposition qui ne mange pas de pain » … Deux obligations et une grande liberté

    Avoir du pain sur la planche -  Etre dans le pétrin -  Faire passer le goût du pain -  Etre comme du bon pain -  Manger d’abord son pain blanc -  Oter le pain de la bouche -  Le pain des pauvres - - C’est du pain béni -  Etre né avant son pain

    1. a) Introduire dans votre texte 4 expressions piochées dans la liste ci-dessus
    2. b) Prévoir à votre histoire une belle chute       

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    Proposition 256 - Le pain au feu de bois - Christiane

        Baptiste restait l’unique boulanger du village qui avait su conserver aussi son bureau de Poste, un seul bar, celui des Copains et une boucherie qui n’aurait certainement pas de repreneur quand Patrick partirait en retraite. Le commerce de Baptiste marchait bien à présent malgré  quelques difficultés du début mais il ne fut jamais vraiment dans le pétrin. Sa femme, Blandine, jolie brune plantureuse, tendre comme le bon pain, gérait parfaitement la boutique. Elle assurait même les deux tournées hebdomadaires dans les hameaux alentour. Bref, ça ronronnait doucement et Baptiste consacrait à dame nature ses jours de repos. Au gré des saisons, rien ne lui échappait : les châtaignes, les noisettes, les baies et surtout les champignons.

        Un jour de repos,  revenant d’une belle journée de cueillette de champignons au volant de sa vieille Méhari qu’il réservait à ses sorties champêtres, Baptiste fut médusé, à tel point qu’il avait ralenti pour être certain qu’il ne rêvait pas. Non, il ne rêvait pas et ce petit freluquet de Receveur principal avait un sacré toupet d’aller chercher son pain à la supérette  du bourg voisin plutôt que de s’approvisionner à la boulangerie du village ! Il le regarda vider son coffre chargé des courses. Là, il n’y avait rien à dire car plus aucune épicerie n’avait survécu au village. Mais le pain, le pain !!

     Baptiste relança la Méhari suffoqué par tant de mesquinerie. Car, bien sûr, la baguette coûtait moins cher là-bas que chez lui. Une énorme envie de lui faire passer le goût du pain à ce trou-du-cul envahit notre homme qui s’essuya le front perlé de sueur provoquée par la colère.

        Il se remémora le départ à la retraite de l’ancien Receveur, un homme qui savait fidéliser ses clients celui-là. Un barbecue avait été organisé auquel avaient participé les villageois ; le boucher avait fourni les saucisses et les côtelettes, Baptiste avait cuit le pain décliné sous de multiples formes, les femmes avaient préparé moult salades, gâteaux et tartes. Ca avait été une fameuse fête ! Puis était arrivé son remplaçant, un jeune frais émoulu, imbu de sa personne, bref, pas très sympathique. Mais il fallait bien déposer son argent quelque part et La Poste étant la plus proche, on ne se posait pas de questions.

        Ce fut donc très certainement ce jour-là que Baptiste prit sa décision. Il rentra plutôt énervé et Blandine eut un mal de chien à le calmer. Quand elle apprit la raison de la colère de son époux, elle fut elle-aussi écœurée par tant de mesquinerie. On lui confiait bien notre argent à celui-là, tout de même, un retour de gratitude c’était le minimum.

        Devant son fourneau, Blandine marmonnait  tout en faisant sauter une fricassée de cèpes qui embaumait la cuisine.
         Quand on pense qu’il nous avait refusé un prêt ce godelureau pour améliorer le four à pain ! Attendez un peu que les taux baissent qu’il disait, ça ne va pas tarder… Sûr que lui, il avait pas de peine à le cuire le pain, vu qu’il préférait celui de la supérette, blanc, spongieux, sans goût et, en plus, emballé dans du plastique ! Quelle honte.
        Au fil des fournées, Baptiste mûrissait une vengeance. Plus jamais il n’aura mon argent ce freluquet qui nous ôte le pain de la bouche. Je vais revenir à la méthode ancienne : le matelas. Enfin, peut-être pas le matelas... Alors, les mains dans le pétrin, Baptiste malaxait la pâte bien trempée de ses gouttes de sueur, abondantes les jours de grande colère.

        Quand, un peu plus tard,  le Receveur pénétra dans la boulangerie, Blandine, abasourdie, courut chercher son mari au fournil. Celui-ci arriva, blanc de farine mais le nez tout rouge de colère,  provoquant un sourire chez le freluquet de La Poste qui regretta plus tard de s’être laissé aller à un trait d’humour.
        Il voulait quoi le Monsieur ? Du pain peut-être ? Ah non, pas de pain ? Des explications sur mes absences bi-hebdomadaires au guichet pour le dépôt de mes recettes ?  Mais des recettes y’en a plus mon bon Monsieur, en tout cas pas pour vous. Allez donc réclamer celles de la supérette, là vous achetez votre pain,  qui doivent peser bien lourd dans votre balance comptable !
        Le Receveur en resta coi, les bras ballants et le regard stupide. Ne parvenant pas à trouver une réplique il tourna les talons et sortit de la boutique. Il fit quelques pas sur le trottoir, se ravisa puis rentra à nouveau dans la boutique. Il expliqua que la supérette était tenue par sa sœur et que c’était là l’unique raison de l’approvisionnement de ses baguettes lesquelles n’étaient pas à son goût mais il fallait savoir se tenir les coudes en famille, pas vrai ? Là-dessus, il partit pour de bon laissant  Baptiste et Blandine méditer sur sa réplique.

        Un matin, quelques jours après cette visite, le Receveur se présenta à nouveau chez Baptiste, sourire aux lèvres. Une discussion commencée dans la boutique se continua dans la cuisine, puis autour de la table du déjeuner. A l’issue de cette matinée, on vit les deux hommes se serrer chaleureusement la main sur le pas de la porte, on aperçut une baguette dorée à point sous le bras du Receveur qui lança à Baptiste « allez, vous avez du pain sur la planche ! » et les deux compères partirent dans un grand éclat de rire.
        C’était du pain béni cette affaire là : le Receveur avait convaincu sa sœur d’abandonner la cuisson de ses pâtons industriels au profit d’un partenariat avec Baptiste qui dorénavant cuirait le pain pour la supérette. Cerise sur le gâteau, ce serait avec un nouveau four à bois pour lequel un crédit avantageux avait été proposé à Baptiste.
        Le boulanger se frotta les mains et le Receveur fut soulagé de voir le commerçant reprendre le chemin de La Poste deux fois par semaine.

     

     

     


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  •   Au 937, de la rue des Ménines…

    Depuis le temps qu’elle (ou il) passait devant cette mystérieuse boutique, elle décida un jour de pousser la porte…

    Thème de la proposition 255


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    N’ouvrez pas une porte que vous seriez incapable de refermer ! (proverbe persan)
    Je n’aimais pas ma vie prisonnière de la routine, sans imprévus, sans couleur et sans passion ! Je n’aimais pas mon travail dans une banque XXL, noyée sous des colonnes de chiffres ésotériques qui défilaient sans cesse, à la queue leu leu, sur l’écran de mon ordinateur. Je ne m’aimais pas non plus. Je me savais incapable de prendre mon destin à bras le corps, d’oser des rêves fous, des décisions fulgurantes. Dès la sonnerie du réveil, du matin au soir, je passais mon temps à compter les secondes « tic-tac, tic-tac », pour ne pas être en retard, pour ne pas perdre de temps, pour ne pas… Telle une automate décervelée, qui tourne en rond jusqu’à ce que sa mécanique s’épuise. Pourtant un jour de printemps, en sortant du métro, le chant mélodieux d’un oiseau perché dans un marronnier aux feuilles vert tendre s’insinua dans mon oreille et me charma. Je m’arrêtai pour l’écouter et je perdis la notion du temps. Quand le silence se fit, j’étais en retard… Très en retard ! Alors un coup de folie me prit ! Je brisai d’un coup la morne routine et je changeai d’itinéraire illico. Je me précipitai — oui, quand même, je n’avais pas encore perdu toute conscience de ponctualité — je me précipitai donc dans la rue des Ménines ! Ce fut mon nouveau trajet obligé. Le temps s’écoulait autrement et mon regard en éveil fut de plus en plus intrigué par la vitrine du 937, une vitrine éclairée, mais où la vue était confisquée par des rideaux blanc cassé, tirés sur un mystère. J’en fus vite obsédée. J’y pensais sans cesse. Et un soir, en sortant du travail, je n’y tins plus. Il  fallait que j’entre. Je cherchai en vain une sonnette absente… Je poussai la porte. À mon grand étonnement, elle s’ouvrit et je pénétrai dans une pièce vide, entièrement blanche. Le son apaisant d’un carillon à vent en bambou annonça mon arrivée. Un homme entre deux âges, soutenu par deux cannes fit une entrée cahotante par une porte quasi invisible au fond de la pièce, les yeux obscurcis par des lunettes noires. Au premier regard, je le trouvais laid et peu avenant. — Que puis-je pour vous ? — Je ne sais pas… Je suis entrée par curiosité, ce magasin toujours éclairé à la devanture invisible m’attirait, vous comprenez ? — Tout à fait ! Mais c’est notre principe premier, nous n’accueillons que des clients vierges d’idées sur nos activités. — Vous vendez quelque chose ? — En effet, nous sommes une sorte d’agence de voyages… d’un type très particulier, il faut bien le reconnaître.  Ici pas de publicité vantant des pays idylliques… Pas besoin. Nous vous invitons en quelque sorte à des voyages de l’esprit. — Étrange… — Je vous l’accorde. Mais suivez-moi dans la pièce à côté. Nous pénétrâmes dans un espace aux murs également nus, seulement éclairé par la lumière jaune rosée de deux grosses lampes en cristal de sel. Il m’invita à m’asseoir dans l’un des grands fauteuils en cuir fauve qui se faisaient face. — C’est un voyage très extraordinaire auquel je vous convie. Que diriez-vous d’aller admirer les aurores boréales en une demi-heure aller-retour ? — Vous vous moquez de moi ? — Absolument pas. Le premier voyage est gratuit. Regardez-moi… dans les yeux… Et il retira ses lunettes noires… Je ne pus dès lors arrêter de le fixer, littéralement scotchée par son regard magnétique, ses yeux aux iris bleu glacier, cerclés de noir. Avant de sombrer, guidée vers l’ailleurs par sa voix envoûtante qui s’enroulait en boucles autour de moi, il m’apparut d’une beauté stupéfiante. Quand j’émergeais de cet univers étonnant, épuisée, subjuguée et ravie, j’étais conquise. Je revins souvent dans cette boutique étrange, où il me fit contempler des merveilles et je vis fondre peu à peu mes économies… J’étais accro et éperdument amoureuse de Paul, oui je l’appelais Paul maintenant… nous étions devenus plus intimes, en tout bien tout honneur.  Il était le propriétaire et l’unique occupant de la boutique où il exerçait ses talents.  Les clients étaient rares, sans doute. Je n’en ai jamais rencontré. Après une existence aventureuse, sa vie douloureuse d’infirme lui semblait une chute sans fin dans un sombre gouffre.  Je sentais que mes visites lui faisaient du bien. Il disait que j’étais la petite lumière de ses jours. D’ailleurs, il ne me faisait plus payer mes odyssées extraordinaires. J’avais profondément changé. J’avais des projets avec Paul dont il ne savait encore rien. Jusqu’à ce soir. Jusqu’à ce retour de mon dernier trip. Cette fois, je fus emportée dans un atroce cauchemar, pourchassée par l’indicible et le fracas hurlant des armes…  Horrifiée, je repris doucement mes esprits et j’ouvris lentement les yeux. J’avais en mains un colt 45 encore chaud.  Paul gisait sur le sol dans une mare de sang, mort… 

    Coupable… Je plaiderai coupable…

     


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  • Thème de la proposition 254

    P254 - De mémoire d’arbre….

    « Maintenant Yersin est un arbre. Etre arbre c'est une vie, et c'est ne pas bouger. Il atteint à la belle et grande solitude. A l'admirable ennui. »       Peste et choléra de   Patrick Deville

    Un arbre, une histoire… Comme il vous plaira….


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        Enceints d’une brume équatoriale vaporeuse, ils son arrivés, timides et frissonnants, intrigués, hésitants, émus, pleins d’une retenue archangélique, se rassurant mutuellement, se cherchant les yeux, se touchant les mains. Approchez leur dis-je, je suis l’arbre supercoquentieux, l’arbre du cœur et j’ai poussé au centre du jardin magnifique et céleste. Je suis le centre et c’est moi qui tiens la voûte du ciel. Je porte des fruits d’or. J’ai repoussé au dessus des nuages la canopée festonnée d’un feuillage d’argent bordé d’un cordon de lapis-lazuli et d'émeraude. On m’appelle l’arbre du ciel, ou l’arbre de vie. Je suis l’arbre des arbres, je veille sur ce jardin des délices. Je ne règne sur rien. J’accompagne. Approchez, vous dis-je, n’ayez crainte. Mes branches ploient depuis la voute étoilée jusqu’au sol, sous le poids de mes fruits merveilleux. Approchez… Mais non, je ne suis si pas vieux. Pas si vieux et très vigoureux. Hors d’âge. Il faudrait me tronçonner pour connaître mon année de naissance. On me prête quatre vingt mil ans. Mais pour le vérifier il faudrait me tronçonner et me compter les cernes. Quatre vingt mil cernes. J’en suis amusé… Qui de nos jours, saurait encore compter les cernes d’un arbre en comptant sur ses doigts jusqu’à quatre vingt mille sans trébucher ? Quatre vingt mille ans ? Qui ? Qui saurait ? Approchez leur dis-je… Ils sont beaux ces enfants. Ils avancent, les yeux s’ouvrent. Ils lèvent la tête et découvrent les fruits les plus aromaux qu’il soit sur terre et les plus délicieux. Ils sont dans les vignes alourdies par les grains en grappes qui grimpent à l’assaut du ciel, en volutes perpétuelles, autour des jeunes arbres du verger. Jamais œil d’homo sapiens n’a encore admiré pareil spectacle, ni éprouvé telle ineffable allégresse accompagnée par le plain-chant des oiseaux de paradis et par le profond phrasé des grandes orgues cosmiques qui soufflent contre le vent. Le spectacle de la nature les jette dans une ivresse amoureuse. Ils sont nus. Mon Dieu qu’ils sont beaux. Elle s’allonge dans le nid de mousse moelleuse qui tapisse la base de mon tronc. Elle frémit. Embrasse-moi lui intime-t-elle. Lui ne bouge pas, intimidé. Elle a le sourire du vent et le regard de la pluie. Elle lui prend le visage tourmenté et se presse contre ses lèvres. Embrasse moi… Embrasse moi plus fort que ça. Le ciel s’est couvert. On ne voit plus dans le ciel ni lune ni étoile, tous les réverbères de l’infini sont allumés a giorno sur la mousse douillette qui confisque la lumière phosphorescente. Il semble que toutes les étoiles de la voûte céleste soient tombées dans la clairière. Ils font l’amour. Mon Dieu qu’ils sont beaux. Une longue plainte essoufflée s’échappe allegro affettuoso et remplit la forêt. Encore, encore, geint-elle délicieusement. Elle chevauche son amant, le corps tendu comme un arc, sa douce et tendre peau luisante… Encore… encore.    Des ramées sont dressées. J’ai offert mes fruits. Ils les mangent, ils boivent le vin. Ils s’embrassent. Ils sourient. Silencieux. J’ai beau être l’arbre des arbres, je ne suis pas de bois et je suis ému aux larmes.
        Qu’ils sont beaux, mon Dieu qu’ils sont beaux…   
        La vie humaine...    Il fallait bien un début. Non ?

     


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  • TémoignageThème de la proposition 247

    Une fenêtre, une personne. Quelque chose s’est passé dans la rue ou dans la maison ou dans l’immeuble en face…
    On interroge le témoin… Il raconte… Imaginez son témoignage en tenant compte de la personne que vous avez choisie parmi les 3 possibilités :

    Thème de la proposition 253

     


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  •     « Scusez… J’ai pas eu le temps de faire le ménage. On finit tard et le matin c’est la course…J’ai juste eu le temps de me changer après l’appel de la télé… Je me mets là pour la photo ? C’est un peu sombre je trouve… Voulez-vous que j’allume le lampadaire ? Mon mari vient de changer l’ampoule, ça éclairera mieux… Non ? Vous préférez comme ça ? Ah oui ! Vous voulez voir aussi dehors… Comme ce que j’ai pu voir…Oui si on fait comme ça bien sûr…Mais je n’étais pas habillée de la même façon… C’est pas important ? … Ah bon…Vous savez les photos , j’ai pas trop l’habitude… Sur celles de mon mari je suis jamais à mon avantage, alors je ne veux plus qu’il me prenne… Attendez, y a une boucle d’oreille qui tient pas... Il faut que je la remette, j’ai fait tout ça trop vite… Vous préférez que je les enlève ?... Ça fait pas « dans son jus » ?... Oui peut-être vous avez raison….Est-ce que je dois sourire ? Non ? Comme je suis dans la maison ; pas plus pas moins ? Oh là là ! C’est à moi de décider alors… Bon je fais au mieux…Vous n’en prenez qu’une, ça suffit ? Et si elle est pas bonne ?..... Ah ! on l’a met pas… Ah bon…    Et la caméra, c’est pourquoi ? Ah… Vous filmez maintenant… Oh là là… Et qu’est-ce que je dois vous dire ?.. Tout ce que j’ai vu en regardant dehors ? Bouh !... Faut tout retrouver dans l’ordre ? Même les détails ! Vous m’aidez avec des questions ? Non ? Je me débrouille comme ça vient… Bon comme j’ai dit : Je fais au mieux…. Je n’ai que cinq minutes d’interview ? Et si je parle plus longtemps ? Ah !.. Vous coupez…..

        Bon, je me lance… Mais j’ai la bouche sèche.. Je pourrais avoir un… Ah Merci ! Vous prévoyez tout, on voit que vous êtes du métier…    Vous filmez tout ? Je m’occupe pas de vous, je raconte ?.... …C’est pas facile…..Alors voilà : J’avais mis ma cocotte en route. Oui tous les vendredis je fais de la soupe de légumes parce que mon petit marchand brade ce qui lui reste avant les approvisionnements du week end. Ses légumes sont un peu défraîchis mais pour de la soupe ça va quand même. Dès fois je lui prends même des fruits pour faire de la compote… Faut que j’abrège ?... C’est parce que vous m’aviez dit que tous les détails comptaient… Ah ! Seulement ce que j’ai vu par la fenêtre ? Oui… C’est parce que je voulais vous expliquez pourquoi j’avais ouvert… A cause de la buée de la cuisine… La hotte est en panne, mon mari doit la faire réparer et l’autre jour il a appelé notre électricien…. Ah !... Oui je m’égare encore… Scusez… C’est pour me souvenir. Vous comprenez , faut que je déroule le fil… Ça m’aide…. Oui, oui, j’ai compris… Uniquement ce qui ce passait dehors…. Justement j’y viens…

        Normalement mon mari rentre tous les soirs par le RER de 19h15 et je sais pas si vous avez remarqué mais de là on voit bien les gens descendre sur le quai… Bien sûr que je suis bête : c’est pour ça que vous êtes là…    Donc comme je vous disais ; il était à peu près l’heure et je venais d’ouvrir ma fenêtre à cause de la buée, alors je me suis dit :  tiens, peut-être que c’est le RER de Marcel et je me suis mise à le guetter sur le quai pour lui dire de passer par le boulanger pour prendre le pain avant de rentrer . Et c’est pour ça que  j’ai regardé les gens qui descendaient. Je fais jamais ça d’habitude parce que le soir, c’est plutôt ric rac et j’ai pas de temps à perdre… Oui Oui… J’y viens…Donc comme je vous ai dit, je guettais Marcel et comme je sais qu’il attrape toujours celui-là en catastrophe vu que son patron a tendance à faire déborder les heures et que mon mari, il ose pas dire non… Vous comprenez c’est son patron, Alors… Où j’en étais… Voilà que je me perds dans mon histoire… J’ai pas l’habitude d’être filmée alors ça me trouble un peu… Et de penser que ça va peut-être aussi passer à la télé, c’est encore pire…. Faudra me dire quand pour que Marcel et les enfants le voient….

        Donc comme je vous disais je guettais Marcel… Si j’ai vu à ce moment là quelqu’un sortir en courant à l’avant du train ? Oui…. Je crois ….Mais vous savez moi je guettais surtout mon mari alors je n’ai pas eu le temps de bien me rendre compte de ce qui se passait à l’autre bout du quai.. C’est sûr qu’il y avait plus de pagaille que d’habitude..Mais pas plus que les jours de grève… ….. Vous filmez plus…. Mais j’ai pas fini…. Je me rappelle maintenant que je me suis demandée pourquoi…Ah. ! Vous avez une urgence ailleurs…..Oui je comprends… Vous savez pas si ça va passer au journal…. C’est pas vous qui décidez…. C’est dommage, j’aurais bien aimé que mon mari et mes enfants le voient… Si je leur raconte, ils vont pas me croire…. Vous avez pas une carte de visite pour que…..Oui pour rejoindre le périph plus vite prenez l’avenue à gauche…. Non attendez, je vous dis des bêtises…. Faut plutôt aller tout droit…. »

      La porte claque ,a une odeur de brulé envahit la pièce….. « Mon Dieu… Et moi qu’ ai pas éteint ma soupe… Qu’est-ce que je vais pouvoir leur faire manger ce soir ? »

     

      


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